Donjons et déterminisme

Le jeu de rôles connaît depuis quelques années un nouvel âge d’or. Encouragés par des ventes en constante augmentation, éditeurs et concepteurs proposent des produits innovants destinés à des publics variés. C’est le cas des éditions AmorFati, dont la dernière création, Donjons & Déterminisme, est en rupture de stock quelques jours à peine après sa sortie.

Donjons & Déterminisme

« L’univers de Donjons & Déterminisme n’a rien de révolutionnaire », explique Karl-Kévin Nerdi, vendeur dans une boutique spécialisée. « On est dans du médiéval fantastique pur jus, inspiré de Tolkien. Ce sont ses mécanismes qui en font un jeu très original, en particulier son choix du d1. » En effet, contrairement à la plupart des jeux de rôles, qui utilisent des dés au nombre de faces variés (de 2 à 100, que les spécialistes désignent par la lettre D suivi de leur nombre de faces : d6 pour un dé cubique à six faces, d20 pour un dé à vingt faces…), Donjons & Déterminisme ne nécessite qu’un dé à une face.

« Les parties n’ont rien à voir avec celles des autres jeux. Dans Donjons & Dragons par exemple, quand mon chevalier attaque un troll, je jette un d20 pour savoir si mon coup d’épée parvient à le blesser. Et je sais que, même si je rate, je réussirai peut-être au prochain tour. Dans Donjons & Déterminisme, je jette un d1, j’obtiens un résultat de 1, qui signifie que mon personnage a subi un échec critique. Et je sais qu’au tour suivant, j’obtiendrai le même résultat, encore et encore, sans espoir de changement. A la fin de l’après-midi, je n’aurai toujours pas tué le troll, mais j’aurai appris à me satisfaire de mon sort. »

Encouragées par le succès de Donjons & Déterminisme, les éditions AmorFati n’entendent pas en rester là. Au printemps prochain sortira Bourdieu & Banlieues, spin-off dans un univers contemporain où les joueurs incarneront des enfants d’ouvriers incapables de s’élever au-dessus de la classe sociale de leurs parents.