Godoo, la start-up qui disrupte l’obsolescence programmée

Dernier succès de l’incubateur de licornes de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort, la start-up Godoo vient de réussir sa troisième levée de fonds. La jeune pousse a décidé d’investir un secteur encore peu disrupté : celui de l’obsolescence programmée.

« Je suis d’un naturel anxieux, explique Mattéo Bernhard, CEO de Godoo, en repêchant d’une cuillère tremblante le Xanax qu’il a fait tomber dans son café. Quoi qu’il arrive, je m’attends toujours au pire. Si je cesse de regarder l’eau que j’ai mise à bouillir pour me faire du thé, je suis persuadé qu’elle va déborder, que l’eau va éteindre le feu, que le gaz va envahir mon appartement… Oh non je n’aurais pas dû penser à ça, je ne me sens pas bien. »

Nous poursuivons notre entretien au service des urgences de l’hôpital Bichat, où les médecins ont assuré monsieur Bernhard, transporté en urgence, que son ECG était normal et que son cœur allait bien.

« Un jour, alors que nous parlions des stratégies possibles pour me rassurer, mon psychiatre m’a raconté pour plaisanter l’histoire de cet homme qui, terrifié à l’idée de monter dans un avion où se trouverait une bombe, s’est mis à en transporter une partout avec lui pour se rassurer, parce qu’il jugeait que la chance que deux bombes se trouvent dans le même avion étaient proches de zéro. Je tenais l’idée de Godoo. »

Le logiciel produit par Godoo, Catastrophe™, est extrêmement simple : il ne compte que quelques lignes de langage machine, qui peuvent être insérées dans le firmware de n’importe quel appareil disposant d’un processeur, qu’il s’agisse d’un ordinateur, d’un téléphone ou d’un objet connecté. Ce code a une seule et unique fonction : après un temps déterminé au hasard lors du premier lancement (de quelques semaines à quelques années), il rend l’appareil inutilisable de façon définitive. « Mais le code est buggé, s’emporte Mattéo, envoyant voltiger le verre d’eau dans lequel l’infirmier a versé ses gouttes d’anxiolytique, c’est là toute la beauté de la chose ! »

Sachant que, quelque part dans son smartphone, un petit bout de code a été inséré pour le faire tomber en panne au bout d’un temps déterminé et que ce bout de code ne s’exécutera jamais puisqu’il ne fonctionne pas, l’utilisateur peut l’utiliser l’esprit serein, à la fois rassuré par l’existence d’une intention de nuire à qui il pourra reprocher les inévitables pannes à venir, et heureux de savoir que la durée de vie de son appareil n’a pas été inutilement raccourcie.

Agar