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Le SOIT, une nouvelle approche de la lutte anti-terroriste

Dans un monde de plus en plus instable, les services de renseignement et les forces de sécurité cherchent de nouvelles réponses. Parmi les initiatives les plus originales, on trouve le SOIT, brigade d’intervention rapide créée sur le modèle du SWAT (Special Weapons And Tactics) américain, qui a la particularité d’avoir à sa tête un professeur de philosophie classique, spécialiste de la pensée de Pyrrhon d’Élis : Geoffroy Cortot-Besnard.

Le professeur Geoffroy Cortot-Besnard

Le professeur Geoffroy Cortot-Besnard, au terme de sa retraite en Islande (crédits photo Otto Ljotursson)

« J’ai travaillé par le passé dans un département d’éthique. Les réflexions sur l’usage légitime de la force m’ont toujours intéressé. De plus, je m’étais formé au maniement des armes afin de pouvoir chasser pendant les cinq ans que j’ai passé coupé du monde, lors d’une retraite en solitaire en Islande », explique le professeur Cortot-Besnard. « En revenant en France, j’ai eu du mal à retrouver une place dans la société. Alors je me suis demandé : de quoi le monde a-t-il besoin aujourd’hui ? C’est ainsi que j’ai formé le SOIT avec trois jeunes vacataires de mon ancienne université. Ils ont immédiatement accepté, ravis qu’on leur propose enfin un poste fixe. »

La doctrine du SOIT diffère radicalement de celle des autres groupes d’intervention dans la mesure où elle consiste précisément à ne pas intervenir. « Il y une prise d’otage ? Soit. Il y a des victimes ? Soit. Comme nous l’a appris Pyrrhon, face aux choses, qui sont inconnaissables, l’impassibilité sera toujours la meilleure réponse. » Mais alors, le SOIT reste-t-il totalement inactif durant ses déploiements ? « Pas du tout. Lors de notre dernière intervention, nous avons demandé à être mis en relation par téléphone avec les otages afin de les aider à atteindre l’ataraxie et à ne plus redouter leur mort inévitable. »

Geoffroy Cortot-Besnard en quelques dates :
– 1961 : naissance à Évry (Essonne)
– 1984 : agrégation de philosophie
– 1987 : soutenance de sa thèse sur le pyrrhonisme. Parvient à convaincre le jury qu’il serait inutile et insensé de porter un jugement sur son travail
– 2010 : part en Islande pour une retraite de cinq ans, durant laquelle il n’adressera la parole à aucun être humain et se nourrira du produit de sa chasse
– 2016 : fondation du SOIT

Le SOIT

Le SOIT lors de son premier déploiement. De gauche à droite :
Pr. Geoffroy Cortot-Besnard, Dr. Sandrine Magnier-Ardouin, Dr. Jérémie Micheaux-Lagarde, Dr. Jean-Christophe Arsenault

Agar

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