Pour la première fois, une IA utilise un réseau de neurones gastriques

Toujours à la pointe dans la recherche, le pôle d’innovation de la technopôle du bassin d’écoulement des eaux du Rhône vient de révéler le fruit d’une fructueuse collaboration public-privé entre la start-up AtaraXia et l’université Antonin Artaud.

« Les deux grands domaines de recherche d’avenir, tout le monde s’accorde à le dire, sont l’intelligence artificielle et les biotechnologies, nous explique le professeur Séraphin Magen, de l’université Antonin Artaud. Nous avons la chance de travailler au croisement de ces deux disciplines. »

Inspiré des travaux de Michael D. Gershon, qui a établi avec certitude la présence de neurones dans l’intestin et leur similarité fonctionnelle avec ceux de l’encéphale, Séraphin Magen et son équipe d’informaticiens ont créé le premier réseau de neurones intestinaux.

« Notre système fonctionne de la même façon que les réseaux de neurones plus traditionnels, comme les GAN, sauf qu’au lieu de s’inspirer du fonctionnement des cellules de l’encéphale, le nôtre imite les neurones entériques, que l’on trouve dans l’intestin grêle. »

Entraîné avec un corpus de photos d’animaux et de plantes, le IAN (Intestinal Adaptative Network) produit de façon stable et prévisible une bouillie homogène de pixels marrons plus ou moins foncés. « L’IAN est également capable de générer du texte, même s’il a tendance à préférer les suites de consonnes ininterrompues, comme par exemple “brgrhrgllrgrgrbb” ou encore “lflflffbbzgggg”. »

Si les débouchés pratiques de cette technologie ne sont, le professeur Magen le reconnaît lui-même, pas encore d’actualité, il songe à terme aux applications de méditation guidée sur smartphone, dont les utilisateurs en quête de nirvana trouveront dans l’IAN un bel exemple d’intelligence libérée du fardeau de la pensée.

Agar